Du sel dans les moteurs
Le sodium coûte presque rien. On en trouve dans le sel de table, dans l'eau de mer, dans à peu près n'importe quel caillou de la galaxie. Le lithium, lui, sort de quelques mines concentrées sur une poignée de planètes, coûte une fortune et rend les chaînes d'approvisionnement nerveuses. Depuis des années, les industriels cherchent une alternative. Elle vient d'arriver.
Le consortium Naxtra — premier fabricant de cellules de la Terre — a lancé la production commerciale de cellules sodium-ion. Pas un prototype de laboratoire. Pas une annonce. Des batteries qui sortent d'usine, prêtes à être montées dans des véhicules et des stations de stockage.
Les chiffres
175 Wh/kg de densité énergétique. C'est plus que la plupart des batteries lithium-fer-phosphate actuelles, qui plafonnent entre 160 et 170. Autonomie annoncée pour un véhicule standard : plus de 500 kilomètres. Plage de fonctionnement : de moins 40 à plus 70 degrés — autrement dit, ça marche aussi bien sur une colonie arctique que dans un désert.
Les cellules ont passé les certifications de sécurité les plus strictes. Première batterie sodium-ion à obtenir le label.
Pourquoi ça change tout
Le sodium est abondant. Vraiment abondant. Pas de dépendance à trois ou quatre sites d'extraction. Pas de tensions géopolitiques sur les routes commerciales du minerai. N'importe quelle économie locale peut, en théorie, produire ses propres cellules.
Le coût est déjà proche de la parité avec le lithium-ion — et il baisse. Les projections montrent un stockage à 11-14 crédits par MWh d'ici le milieu du siècle, contre 16-22 pour le lithium. Pour le stockage à grande échelle — réseaux énergétiques, stations orbitales, bases coloniales — le sodium offre aussi un meilleur ratio énergie/puissance : six à sept heures contre quatre à six, avec une durabilité de plus de 300 cycles complets.
Et puis il y a la sécurité. Un laboratoire a publié dans Nature les résultats d'une cellule sodium-soufre nouvelle génération : 2 021 Wh/kg de densité, un électrolyte ininflammable, et une cellule qui continue d'alimenter un circuit vingt minutes après avoir été découpée en deux. Essayez avec du lithium.
Le lithium n'est pas mort
Le consortium Naxtra lui-même parle de stratégie « double étoile » — sodium et lithium en parallèle. Le sodium ne remplacera pas le lithium partout, pas tout de suite. Les applications haute performance — vaisseaux, implants, systèmes militaires — resteront au lithium pour le moment.
Mais pour le transport terrestre, le stockage réseau, les flottes commerciales et les infrastructures coloniales, le sodium vient de devenir l'option la plus rationnelle. Les lignes de production tournent. Les commandes arrivent.
Le lithium a régné sans partage pendant deux décennies. Il vient de perdre son monopole.