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Le Grand Observatoire a surpris cinq galaxies en train de fusionner — 800 millions d'années après le Big Bang

4 févr. 2026 3 min de lecture Buck Yeager
Le Grand Observatoire a surpris cinq galaxies en train de fusionner — 800 millions d'années après le Big Bang

Le Quintette

Le Grand Observatoire orbital — le télescope spatial le plus puissant jamais déployé — a repéré quelque chose que les modèles ne prévoyaient pas. Cinq galaxies, au minimum, en train de fusionner dans une région compacte de l'espace. Pas il y a deux ou trois milliards d'années. Il y a 800 millions d'années après le Big Bang. Quand l'univers était encore un nourrisson.

Les astronomes l'ont baptisé le Quintette du Grand Observatoire — un clin d'œil au célèbre Quintette de Stephan, visible depuis la Terre. Sauf que celui-ci est incomparablement plus ancien, plus violent, et plus surprenant.

250 soleils par an

Dans cette collision cosmique, les cinq galaxies produisent des étoiles à un rythme de 250 masses solaires par an. Pour donner un ordre de grandeur : une galaxie normale, à cette époque, en fabrique une poignée. Ici, c'est une usine stellaire en surchauffe, alimentée par la compression des gaz lors de la collision.

Les galaxies sont séparées par des dizaines de milliers d'années-lumière, mais elles occupent un espace anormalement compact — ce qui signifie qu'elles sont gravitationnellement liées et en train de converger. Dans quelques centaines de millions d'années, elles ne formeront plus qu'une seule structure massive.

Le halo d'oxygène

C'est peut-être la découverte la plus importante. Les chercheurs ont détecté un halo de gaz ionisé — oxygène et hydrogène — qui s'étend bien au-delà des galaxies elles-mêmes. L'oxygène est un produit de la fusion stellaire. Sa présence en dehors des galaxies signifie que la collision redistribue les éléments lourds dans le milieu intergalactique.

Autrement dit : la collision ne se contente pas de former des étoiles. Elle ensemence l'espace environnant avec les briques chimiques nécessaires aux futures générations d'étoiles — et, potentiellement, de planètes.

Ce que les modèles n'avaient pas prévu

Avant cette observation, les astrophysiciens pensaient que les fusions complexes de galaxies et l'enrichissement chimique du milieu intergalactique ne devenaient courants qu'après plus d'un milliard d'années. Trouver un système aussi évolué à 800 millions d'années oblige à revoir les calendriers.

Les galaxies se sont assemblées plus vite que prévu. Les étoiles ont forgé des éléments lourds plus tôt que prévu. Et la chimie de l'univers primitif était déjà bien plus complexe qu'on ne le pensait.

Le chercheur principal résume : nos théories sur la vitesse d'assemblage des galaxies doivent être mises à jour. Les données du Grand Observatoire, issues de la campagne d'imagerie profonde JADES, continuent de repousser les limites de ce que l'on croyait possible dans l'univers jeune.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Buck Yeager

Buck Yeager

Correspondant senior

Ancien pilote d'essai de la Flotte. Trente ans dans un cockpit avant de troquer le manche pour un terminal. Couvre l'actu galactique depuis l'orbite basse — avec un café froid et peu d'illusions.

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