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La plus grosse fusion de l'histoire : quand un lanceur de fusées rachète une intelligence artificielle pour 1 250 milliards

2 févr. 2026 3 min de lecture Buck Yeager
La plus grosse fusion de l'histoire : quand un lanceur de fusées rachète une intelligence artificielle pour 1 250 milliards

Le deal du siècle

La nouvelle est tombée un dimanche, comme si personne ne voulait que les marchés aient le temps de réfléchir. La Division Stellaire Impc — premier opérateur de lanceurs et de constellations orbitales de la planète — a officialisé l'acquisition de zAI, le laboratoire d'intelligence artificielle fondé trois ans plus tôt par le même homme qui dirige la Division. Valorisation de l'ensemble : 1 250 milliards de crédits. La plus grosse fusion jamais enregistrée, tous secteurs confondus.

Sur le papier, c'est un homme qui rachète sa propre entreprise à lui-même. Dans les faits, c'est la naissance d'une entité qui n'a pas d'équivalent : une corporation qui fabrique des fusées, opère six mille sentinelles orbitales, et développe l'une des intelligences artificielles les plus avancées du marché.

Pourquoi marier des fusées et une IS

La réponse tient en un mot : énergie. Les centres de calcul terrestres qui font tourner les IA engloutissent des quantités d'électricité que la Terre ne peut tout simplement plus fournir. La consommation explose, les réseaux saturent, et construire de nouvelles centrales prend des années.

En orbite, le problème disparaît. Des panneaux solaires dans le vide spatial produisent cinq fois plus d'énergie que leurs équivalents au sol — pas de nuit, pas de nuages, pas de pertes atmosphériques. Le refroidissement des processeurs, cauchemar des datacenters terrestres, devient trivial dans le froid spatial. La Division a déjà déposé une demande pour mettre en orbite jusqu'à un million de satellites de calcul alimentés par le soleil.

L'objectif annoncé : que d'ici deux à trois ans, le moyen le moins cher de faire tourner une intelligence artificielle soit de l'envoyer dans l'espace.

Krog dans les étoiles

L'IA maison de zAI, baptisée Krog, est déjà intégrée aux opérations de la constellation orbitale. Optimisation des trajectoires de lancement, prédiction de pannes mécaniques, routage dynamique du réseau satellite — les ingénieurs annoncent une réduction de 30 % des délais de lancement grâce aux systèmes prédictifs de l'IA.

Mais le vrai enjeu est ailleurs. Pour coloniser le Secteur Rouge, il faut des vaisseaux capables de prendre des décisions seuls. À 225 millions de kilomètres de la Terre, on ne peut pas appeler le support technique. L'acquisition de zAI donne à la Division les cerveaux artificiels dont elle a besoin pour ses missions autonomes vers la Quatrième Planète.

Le prix de l'ambition

Le tableau n'est pas sans ombres. zAI brûle environ un milliard de crédits par mois, avec un ratio pertes/revenus vingt-six fois supérieur à celui de ses concurrents. Krog fait l'objet d'enquêtes dans plusieurs juridictions — des questions sur la génération d'images non consenties, des procédures ouvertes sur plusieurs continents représentant plus de deux milliards de citoyens.

Et puis il y a la question que tout le monde pose sans oser la formuler : est-il raisonnable qu'un seul homme contrôle à la fois les lanceurs, le réseau orbital, et l'intelligence artificielle qui les pilote ?

Ce qui vient

Une introduction en bourse est évoquée, avec une valorisation estimée entre 350 et 400 milliards. Si elle se confirme, ce sera le plus gros événement boursier de l'histoire. En attendant, quelque part dans un datacenter terrestre, Krog apprend à piloter des fusées. Et quelque part en orbite, les premiers satellites de calcul attendent d'être allumés.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Buck Yeager

Buck Yeager

Correspondant senior

Ancien pilote d'essai de la Flotte. Trente ans dans un cockpit avant de troquer le manche pour un terminal. Couvre l'actu galactique depuis l'orbite basse — avec un café froid et peu d'illusions.

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